J'ai prévu d'être suivie par une sage femme à la maison et d'aller à la maternité au dernier moment. Il faut dire que les derniers jours de ma grossesse, j'avais mené mon enquête sur les pratiques du docteur Ruotti, mon obstétricien final. La grande majorité des mamans ayant accouché avec lui ont terminé en césarienne.
J'ai donc le spectre de la césarienne qui me suit, et je me demande ce que je ferais si Dr Ruotti me disait "césarienne" le jour de l'accouchement. Lui faire confiance? Bien sûr. Mais après, me rendre compte que ce n'était pas nécessaire mais seulement plus pratique pour lui? Ok, je veux bien l'accepter, on joue selon les règles du pays dans lequel on vit.
Mais seulement voilà, on n'accouche pas beaucoup dans sa vie et avec toutes la médicalisations de routine, on oublie que la nature est tellement belle quand on la laisse faire. Je ne dis ni que c'est facile, ni sans douleur! Moi qui avait été ravie de mon accouchement avec Najam, j'apprend à ma préparation à l'accouchement pour Saya qu'on a tout de même abusé de mon ignorance. Je n'ai aucun regret, j'ai fait du mieux que j'ai pu avec ce que je savais.
Avec Najam, on a percé la poches des eaux pour accélérer l'accouchement et plus tard appuyé sur le ventre pour aider à l'expulsion. Je n'ai pas été traumatisée comme beaucoup de maman le racontent mais je sais à présent que tout cela n'était pas nécessaire, voire interdit.
Ma copine de la préparation à l'accouchement donnera naissance à un petit garçon une semaine avant Saya. Elle a également choisi la sage femme pour faire le travail à la maison puis l'obstétricien Ruotti à la maternité pour l'accouchement. Comment cela s'est-il finit d'après vous? Césarienne.
Je suis en colère, je me sens acculée...pour ne pas dire autre chose... C'est décidé, j'irai à la maternité au dernier moment.
20h30 Lundi 16 juin, semaine 40. Najam est couché. On a mis notre playlist en fond sonore (tenez, écoutez-la pendant la suite de votre lecture), lumière douce, chauffage.
22h, 3 contractions en 10 minutes, je perds les eaux, j'appelle Nelly, la sage femme.
22h30 la sage femme est là, je suis concentrée, relax, j'ai mal mais je ne souffre pas. On m'a dit de penser à une fleur de lotus qui s'ouvre un peu plus à chaque contraction. Je marche dans le salon et m'accroche à Bernard à chaque contraction. Elle m'apprend que je suis dilatée à 9 cm mais que Saya est toujours haute. "Elle va descendre petit à petit quand on sera à La Costa (maternité), il est temps de partir".
Je me lève, Bernard et Nelly m'aide à m'habiller... et là, forte envie de pousser, je ne veux plus qu'on me touche. La contraction s'arrête. Nelly m'annonce que je suis en train d'accoucher et que si on part maintenant Saya naitra probablement dans la voiture (on est à 10 minutes de la maternité).
Je suis toute excitée! Mon rêve d'accouchement! Mais celui dont tu ne parles à personne parce qu'aucun médecin ne te suit dans l'aventure. C'est comme en France, quelques sages femmes, non assurées. Je suis sous adrénaline.
Le détail qui tue, c'est Nelly qui rajoute qu'elle n'a pas pris son matériel "Tu avais une voix si tranquille au téléphone que je ne pensais pas que tu étais dilatée à 9, et puis, comme on avait dit que tu accoucherais à La Costa...".
Bernard prend les choses en main "il te faut quoi? Des serviettes? J'augmente le chauffage?". Nelly semble un peu perdue. Je me mets accroupie sur le sofa, accoudée sur le dossier. On était comme dans Dr Quinn (dixit Noèm), il ne me manquait que la bouteille de Tequila. A partir de là, on a vécu les choses différemment Bernard et moi. Bernard appelle Ruotti pour lui demander d'amener le matériel, il prétend ne pas pouvoir venir, ou du moins sortir les instruments de la maternité. Il m'expliquera plus tard qu'il n'avait pas vraiment peur pour le bébé mais surtout pour moi, en cas d'hémorragie. Moi, j'étais concentrée au maximum, je pensais aux contractions et à notre fille, j'ai eu une préparation à l'accouchement géniale et une volonté de fer.
Je crois que j'ai eu encore 3 ou 4 contractions, j'ai les larmes aux yeux, je me demande VRAIMENT comment sa tête peut passer, je gémis, je râle, je pense à Najam qui dort toujours dans la pièce d'à côté avec Henri. Beau papa est au premières loges! Nelly me masse le bas du dos et m'accompagne. Bernard fait des allers retour dans le salon, appelle l'obstétricien, s'assure que Nelly n'a besoin de rien.
Et arrive notre fille, ma guerrière, les joues roses et si belle.
On me recouvre de tout ce qu'il y a sous la main, draps, couvertures, serviettes... Je suis peau à peau avec Saya, qui a poussé un tout petit cri en sortant puis je l'ai mise au sein. Mon bébé. Henri sort de la chambre, il a tout suivi en Dolby Surround, il embrasse sa petite fille. Najam roupille toujours.
Bon, maintenant on fait quoi? Après coup, je me dis qu'on aurait au moins regardé un tuto sur youtube, Bernard aurait arrangé le tout avec un couteau suisse... Il est 23h30 et on va se rendre à la maternité avec le cordon par dessus l'épaule. Ce sera un troisième volet!
J'ai donc le spectre de la césarienne qui me suit, et je me demande ce que je ferais si Dr Ruotti me disait "césarienne" le jour de l'accouchement. Lui faire confiance? Bien sûr. Mais après, me rendre compte que ce n'était pas nécessaire mais seulement plus pratique pour lui? Ok, je veux bien l'accepter, on joue selon les règles du pays dans lequel on vit.
Mais seulement voilà, on n'accouche pas beaucoup dans sa vie et avec toutes la médicalisations de routine, on oublie que la nature est tellement belle quand on la laisse faire. Je ne dis ni que c'est facile, ni sans douleur! Moi qui avait été ravie de mon accouchement avec Najam, j'apprend à ma préparation à l'accouchement pour Saya qu'on a tout de même abusé de mon ignorance. Je n'ai aucun regret, j'ai fait du mieux que j'ai pu avec ce que je savais.
Avec Najam, on a percé la poches des eaux pour accélérer l'accouchement et plus tard appuyé sur le ventre pour aider à l'expulsion. Je n'ai pas été traumatisée comme beaucoup de maman le racontent mais je sais à présent que tout cela n'était pas nécessaire, voire interdit.
Ma copine de la préparation à l'accouchement donnera naissance à un petit garçon une semaine avant Saya. Elle a également choisi la sage femme pour faire le travail à la maison puis l'obstétricien Ruotti à la maternité pour l'accouchement. Comment cela s'est-il finit d'après vous? Césarienne.
Je suis en colère, je me sens acculée...pour ne pas dire autre chose... C'est décidé, j'irai à la maternité au dernier moment.
20h30 Lundi 16 juin, semaine 40. Najam est couché. On a mis notre playlist en fond sonore (tenez, écoutez-la pendant la suite de votre lecture), lumière douce, chauffage.
22h, 3 contractions en 10 minutes, je perds les eaux, j'appelle Nelly, la sage femme.
22h30 la sage femme est là, je suis concentrée, relax, j'ai mal mais je ne souffre pas. On m'a dit de penser à une fleur de lotus qui s'ouvre un peu plus à chaque contraction. Je marche dans le salon et m'accroche à Bernard à chaque contraction. Elle m'apprend que je suis dilatée à 9 cm mais que Saya est toujours haute. "Elle va descendre petit à petit quand on sera à La Costa (maternité), il est temps de partir".
Je me lève, Bernard et Nelly m'aide à m'habiller... et là, forte envie de pousser, je ne veux plus qu'on me touche. La contraction s'arrête. Nelly m'annonce que je suis en train d'accoucher et que si on part maintenant Saya naitra probablement dans la voiture (on est à 10 minutes de la maternité).
Je suis toute excitée! Mon rêve d'accouchement! Mais celui dont tu ne parles à personne parce qu'aucun médecin ne te suit dans l'aventure. C'est comme en France, quelques sages femmes, non assurées. Je suis sous adrénaline.
Le détail qui tue, c'est Nelly qui rajoute qu'elle n'a pas pris son matériel "Tu avais une voix si tranquille au téléphone que je ne pensais pas que tu étais dilatée à 9, et puis, comme on avait dit que tu accoucherais à La Costa...".
Bernard prend les choses en main "il te faut quoi? Des serviettes? J'augmente le chauffage?". Nelly semble un peu perdue. Je me mets accroupie sur le sofa, accoudée sur le dossier. On était comme dans Dr Quinn (dixit Noèm), il ne me manquait que la bouteille de Tequila. A partir de là, on a vécu les choses différemment Bernard et moi. Bernard appelle Ruotti pour lui demander d'amener le matériel, il prétend ne pas pouvoir venir, ou du moins sortir les instruments de la maternité. Il m'expliquera plus tard qu'il n'avait pas vraiment peur pour le bébé mais surtout pour moi, en cas d'hémorragie. Moi, j'étais concentrée au maximum, je pensais aux contractions et à notre fille, j'ai eu une préparation à l'accouchement géniale et une volonté de fer.
Je crois que j'ai eu encore 3 ou 4 contractions, j'ai les larmes aux yeux, je me demande VRAIMENT comment sa tête peut passer, je gémis, je râle, je pense à Najam qui dort toujours dans la pièce d'à côté avec Henri. Beau papa est au premières loges! Nelly me masse le bas du dos et m'accompagne. Bernard fait des allers retour dans le salon, appelle l'obstétricien, s'assure que Nelly n'a besoin de rien.
Et arrive notre fille, ma guerrière, les joues roses et si belle.
On me recouvre de tout ce qu'il y a sous la main, draps, couvertures, serviettes... Je suis peau à peau avec Saya, qui a poussé un tout petit cri en sortant puis je l'ai mise au sein. Mon bébé. Henri sort de la chambre, il a tout suivi en Dolby Surround, il embrasse sa petite fille. Najam roupille toujours.
Bon, maintenant on fait quoi? Après coup, je me dis qu'on aurait au moins regardé un tuto sur youtube, Bernard aurait arrangé le tout avec un couteau suisse... Il est 23h30 et on va se rendre à la maternité avec le cordon par dessus l'épaule. Ce sera un troisième volet!
Woooowwww....C'est intense de te lire....Beaucoup d'emotions...
RépondreSupprimerJ'en ai encore la gorge serree et des frissons ...
Quelle classe d'accoucher a la maison...
Felicidades chicos y bienvenida a la guerrera :)
Besos mil
Katell
Merci! C'etait intense de l'ecrire aussi...
SupprimerYaberloujam 1 - 0 Ruotti
RépondreSupprimerQuelle histoire... Un peu effrayante mais incroyable!
La c'etait que du bonheur, l'effrayant c'est le suite a la maternite.
Supprimerclear eyes, full hearts, can't loose!
RépondreSupprimerIl n'y en a pas qu'une guerrière dans cette histoire...
Vivement la suite!
Merci, Faut dire que j'avais vu toutes les saisons... Coach Taylor etait avec moi.
Supprimerfélicitations pour votre petite puce, Saya ça veut dire quelque chose dans une langue ou une autre ? Sinon sache que ton combat pour un accouchement naturel est partagé par beaucoup de femmes, on en a toutes marre du surmédicalisé, la tante de Seba est sage-femme et elle accompagne au quotidien les femmes qui ont fait le même choix que toi ... et pour finir en Europe du nord (surtout aux Pays-Bas), 50% des accouchements ont lieu à la maison ... donc ce n'est pas une lubie, c'est simplement le respect de la nature ! et moi je dis respect Marilou, et bienvenu à la petite Saya ! dernière question: faut payer combien pour voir des photos de la petite princesse ? vous avez négocié une exclu avec un journal ? hahhah bises aoûtienne de la tribu franco-brasilo-argentine
RépondreSupprimerMerci pour ton com' Sylvie! Saya est le mot quechua pour "erguida" "la que se mantiene en pie". Une vraie guerrière quoi! Bisous à vous!
SupprimerQuelle femme Marilou ! C'est fou ! Bravo !! C'est merveilleux !
RépondreSupprimerMerci gwen!
SupprimerWoooow, quelle retournement de situation ! Je suis super contente pour toi, vous ! Sympa le cordon en sac à dos :)
RépondreSupprimerJe vais lancer le concept...
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