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Asuncion, Paraguay
Berloujam: Bernard, Marilou, et Najam. Ou devrais-je dire Yaberloujam... depuis l’arrivée de notre petite Saya. Venez partager notre histoire made in Paraguay. Vie quotidienne au rythme suavecito, des moustiques, du téréré, des voyages, et 2 paraguayitos venus pimenter le tout. Tranquilo no mas!

18 août 2014

Mi Saya guapa guerrera: L'hôpital



Reprenons depuis le début… 
Recherche de gynéco pro accouchement naturel, c’est fait. 
Accoucher à la maison, c’est fait.

23h30 Saya dans mes bras. Peau à peau. Tète.

Bernard sort la voiture du garage et se met en warning au milieu de notre rue. Il rentre dans la maison puis se rappelle avoir oublié quelque chose. Il ressort… et voit la voiture avancer doucement toute seule. Il a juste le temps de l’arrêter, à 30cm de la voiture du voisin. Dans la précipitation, il avait oublié de mettre sur point mort (c’est une voiture automatique).

Bon, alors….Comment on se lève du canapé ? J’ai de la force dans les jambes ? Oui… Ah tiens, les femmes pouvaient travailler dans les champs, s’accrocher à une branche d’arbre pour accoucher et retourner au boulot… On l’oublie ça !
On m’aide à m’habiller, une dernière couverture pour emballer le tout.

Saya dans mes bras. Peau à peau. Tète.

OK.

Comment je monte dans la voiture ? Descendre les escaliers devant chez moi je veux bien, mais lever la jambe pour monter dans le 4x4 c’est chaud…

Saya dans mes bras. Peau à peau. Tète.

C’est parti, direction l’hôpital. Les routes inégales de la ville sont une torture, les nids de poules, les bosses… Je demande à Bernard de s’arrêter, warning, j’ai mal au dos, au ventre, au c… Je souffle. On repart.

Saya dans mes bras. Peau à peau. Tète.

L’hôpital : une chaise roulante m’attend, ainsi que Dr Ruotti, on m’amène devant la salle d’accouchement. L’infirmière de garde ne veut pas me laisser rentrer.  « C’est une salle stérilisée, vous devez changer vos habits ».

Saya dans mes bras. Peau à peau. Tète.

Heuuu… comment te dire… Et le cordon je le mets où ? Heureusement Ruotti s’impose, dit que c’est un luxe qu’on ne peut pas se permettre. Ouf, je rentre, on me déballe, je suis sur la table d’accouchement, Bernard à mes côtés, il coupe le cordon.

La pédiatre avec qui j’avais tout préparé pour Saya ne s’est pas déplacée. Je dois donc lutter pour qu’on n’administre rien à Saya par routine. Non, tu ne mettras pas de tube dans sa gorge pour enlever le soit-disant liquide amniotique, non pas de gouttes dans les yeux, non pas de vitamines, non, non, non. La pédiatre de garde me regarde en haussant les sourcils. Pareil pour l’infirmière à qui j’ai demandé de baisser la lumière trop agressive.

Ruotti s’impose, il accepte tout ce que je demande et donne des ordres aux infirmières. Il commence à m’ausculter, vérifie que tout va bien, j’ai été un peu déchirée, il recoud.
Bernard s’évanouit. Trop d’émotions, baisse de stress, coup de chaud etc… Il renverse le plateau d’instruments en métal. On s’occupe de lui. Il se sent con, et pour cause, l’infimière, la sage femme et Ruotti sont avec lui et moi derrière, les quatre fers en l’air.
Il se relève, ça va mieux. Il suit Saya et l’infirmière pour la pesée/mesure. Il devra insister avec une autre infirmière, non pas de tubes, pas de gouttes. Elle insiste «  je la garde à la nursery et je la ramène dans la chambre de la maman quand celle-ci aura fini ». «  Non. Si ma fille va bien je la ramène auprès de sa maman ».

Saya dans mes bras. Peau à peau. Tète.

Ruotti a terminé son travail de couture. L’infimière nettoie la plaie avec vigueur. Elle y va comme une bourrine. Je me tords de douleur. Elle me répond « mais je ne touche pas la plaie ». Heu… comment te dire…. C’est Tchernobyl partout par là en bas Ok ? Ca, c’est bien pire que d’accoucher.

3h Dans ma chambre. Bernard rentre à la maison nettoyer et dormir un peu.

C’est parti pour le défilée d’infirmières. Toutes les 30 minutes/1h.

  • ·         Remplir un formulaire. « Je peux allumer la lumière ? » « Non conna… j’ai un gros néon au dessus de la tête, tu peux pas allumer la lumière de l’entrée ? »
  • ·         Prendre un anti douleur. « Vous n’avez pas mal ? »
  • ·         Vérifier si Saya tète. Je dois avouer qu’elle suçote. « aaah, il va falloir surveiller son taux de glucose, et songer à complémenter avec du lait en poudre, vous voyez les petites bulles de bave ? C’est qu’elle a faim ».

Aux prochaines infirmières, je mentirai en disant que Saya tète très bien. J’essaye de joindre ma pédiatre. Pas de réponse. Et en plus j’ai plus de forfait.

Je me sens un peu seule et sous pression.

7h Bernard vient avec Najam et Henri. Najam tend la banane de mon plateau petit dèj à Saya. « Bébé ! bébé ! ». Ils repartiront rapidement (ya un peu trop de boutons à toucher dans une chambre d’hôpital…)

8h Mon amie Geusa arrive, puis Patricia de mon groupe de prépa à l’accouchement.

Plus tard, le pédiatre « en chef » vient me voir et se poste les bras croisés devant moi. Il me dit avoir rpis connaissance que la petite n’a pas eu sa vitamine K, il me parle hémorragie du nouveau né. Je lui répond que s’il est venu me faire peur, il pouvait sortir. « Dans ce cas, vous allez signer une décharge comme quoi je vous ai expliqué les risques et vous avez refusé ». Je fais bonne figure, reste forte mais m’écroule dès qu’il sort. Connard. Zéro empathie, zéro félicitations. S’ il m’avait expliqué que c’est une recommandation de l’OMS, bien sûr que j’aurai accepté. Mais non, dans le service privé à l’étranger ça pue le fric et il n’y a aucun rapport humain.

11h Ma pédiatre arrive enfin. Elle ausculte Saya et lui administre la vitamine K en intramusculaire. En France, j’ai su (après) qu’elle est donnée sous forme de gouttes sur  15 jours.

Voilà un autre détail parlant. Jamais je ne me serais autant renseigner sur l’accouchement respectueux si je n’avais pas été dans un pays pro de la césarienne. On nous fait croire que de nombreuses interventions pendant l’accouchement et dans les 24h qui suivent la naissance sont nécessaires. On nous infantilise, on nous fait peur, on ne respecte pas le nouveau né alors qu’il devrait être accompagné au mieux pour une transition en douceur dans le monde extérieur. 

Pour mes amies enceintes ou voulant devenir maman, renseignez-vous. Le personnel de santé nous explique la partie émergée de l’iceberg. Un accouchement respectueux et humanisé, c’est notre droit. Je remercie Pachamama et 9 Lunas de m’avoir montré la porte du plus joli sentier qu’il soit.

Mes amies, lisez ce petit texte de Michel Odent http://www.donnerlaviechezsoi.fr/sites/www.donnerlaviechezsoi.fr/IMG/pdf/ODENT_1.pdf

Et comme disait Morpheus dans Matrix « Je ne peux que te montrer la porte. C'est à toi qu'il appartient de la franchir. »

18h30, on rentre à la maison.

11 commentaires:

  1. Ca, c'est de l'entrée dans le monde réel : bravo à Saya qui a quand même été bien entourée par ses parents!
    Lolo, une maman dont les accouchements ont été plus traditionnels...

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  2. Wahou quelle expérience! !!! Je croyais que j'avais fini de m'emouvoir à votre dernier post. Mais non... ça continue;-)
    Et bien chapeau mes amis!
    Marilou tu es une warrior. Vous avez offet à saya une entrée magique dans ce monde!!!! Et quoi qu'en dise les médecins Bravo.
    Bienvenue saya!!!!
    Mes amis j'aimerai être prêts de vous pour vous faire un gros câlin.
    On vous embrasse tout fort tous les trois.
    Vaness G Axel

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    1. Merci ma Vaness, nous aussi on veut vous faire un calin... et puis si c'est avec de la tartiflette d'Annecy c'est encore mieux!! Tu m'envoies des photos d'Axel?

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  3. Ah oui j'oubliais elle est magnifique!!!!
    Et vous aussi;-)
    Vaness G Axell

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  4. Bon sang de bonsoir ! j'aurais dû être là ! je ne parle pas espagnol mais j'aurais fait un rempart de mon corps pour protéger ma petite fille et soutenir ma fille ....
    En ayant cette attitude, tu as fait bien plus que d'obéir à tes convictions : tu as vengé ta mère et les générations précédentes qui se sont pliées sans moufter aux ordres du corps médical (amen) ; pour tes souffrances et tes victoires, je te dis merci ; je t aime infiniment
    maman

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    1. Tu me fais verser ma larmounette Man... Moi aussi je t'aime, tu etais la dans mes pensees, avec Mamie.

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  5. Ma cousine tu es une maman qui déchiiiiiiiiiiiiire !!! Je n'ai rien de plus à ajouter sauf que tu me manques et que j'ai vraiment hâte de tous vous revoir. Je t'embrasse fort fort fort :)

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    1. Me parles pas de dechirer, j'ai mal qu'a y repenser...ahahah d'accord je sors... Tu nus manques aussi. Des bisous

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  6. l'important :"SAYA dans tes bras..; peau à peau.... tète..." cela t'a porté... t'a donné de la force ... le reste .. ça n'a pas d'importance!!!! besitos a todos
    tata teta

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    1. Merci pour ton message tata, tu as tout à fait raison! Nos enfants ce sont toutes nos forces et nos faiblesses!

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